Dès l’arrivée dans la nouvelle base Rega Lausanne, à la Blécherette, nous réalisons que cette journée ne sera pas tout à fait comme les autres: «Vous n’avez pris que ces chaussures-là?», s’inquiète en effet Werner Marty, chef de la base et pilote du jour. Soulagement lorsque les chaussures de montagne sortent de nos sacs à dos: «Vous savez, on peut vraiment se retrouver n’importe où: dans la neige à 3000 mètres d’altitude, ou sur un chantier boueux.
Et si les circonstances l’exigent, on peut être obligé de vous laisser sur place pour embarquer un proche du patient. Il vaut mieux prendre ses précautions!» Sage conseil, lorsque l’on sait qu’il n’y a pas longtemps, un photographe avait ainsi dû être «abandonné»… dans la cour principale du Centre pénitenciaire de Bochuz!
Maintenant avertis, nous pénétrons l’immense hangar, propre comme un sou neuf, abritant l’Eurocopter EC-145. Devant leurs casiers, le sauveteur Daniel Enggist, ancien ambulancier lausannois et aujourd’hui sauveteur professionnel Rega, et le Dr Pierre Gubler (photo) s’affairent déjà.
Agé de 42 ans, Pierre Gubler compte une dizaine d’années d’expérience et plus de 500 missions dans le milieu extra-hospitalier. Chaque mois, il réalise une garde de 24 heures au Service mobile d’urgence et réanimation (SMUR) et deux à la base Rega Lausanne, ce qui équivaut à un tiers de son temps de travail. «Cela me permet de rester confronter à l’urgence vitale, ce qui ne se fait pas le reste de la semaine», explique-t-il. Lorsqu’il n’est pas dans l’hélicoptère ou dans la voiture du SMUR, Pierre Gubler travail en effet dans son cabinet de Clarens (VD).